Le camembert a un domaine d'usage étroit
Quand un graphique en secteurs devient confus, le réflexe courant consiste à retoucher les couleurs ou à déplacer la légende. Ces ajustements ne traitent pas la cause : les conditions d'usage de ce type de graphique ne sont plus réunies.
La documentation Microsoft les énonce : une seule série de données, aucune valeur négative, presque aucune valeur nulle, pas plus de sept catégories. Avec douze parts, les plus petites occupent des angles trop fins pour être comparées entre elles, et l'œil fait l'aller-retour entre la légende et le disque à chaque lecture.
Trois questions avant de choisir
Le choix part de la phrase que le graphique doit faire dire, pas de la forme du tableau. Première question : le message porte-t-il sur une part dans un total, une comparaison, une évolution ou une relation ? Microsoft destine les courbes aux tendances à intervalles réguliers, comme les mois ou les trimestres, et le nuage de points aux cas où l'on ajuste les échelles d'axes ou compare des points indépendamment de la période.
Deuxième question : à quoi ressemblent vos étiquettes ? Des libellés longs, ou des valeurs exprimant des durées, orientent vers les barres horizontales, où le texte se lit sans rotation. Troisième question : vos catégories ont-elles des niveaux ? Si vos douze lignes se rangent en trois familles, le compartimentage et les rayons de soleil sont prévus pour cette vue hiérarchique, et créer ce niveau intermédiaire ramène souvent le nombre de catégories sous le seuil.
Vers quoi basculer, selon le message
Le message commande la forme. Ce tableau résume les bascules les plus courantes quand un graphique en secteurs ne tient plus.
| Ce que vous voulez montrer | Type à privilégier | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Le classement de douze postes | Barres horizontales triées par valeur | Trier par valeur, jamais par ordre alphabétique |
| Le poids de chaque poste dans le total | Secteurs après regroupement en cinq ou six lignes | Nommer la ligne qui agrège les petits postes |
| Les petites parts à garder visibles | Secteurs de secteur, ou barres de secteur | Un seul niveau d'extraction, sinon la lecture se brouille |
| L'évolution de la répartition sur plusieurs mois | Courbes, ou barres empilées 100 % | Les courbes supposent des intervalles de temps réguliers |
| Douze lignes qui se rangent en trois familles | Compartimentage ou rayons de soleil | La hiérarchie doit exister dans le tableau source |
Exercice fictif : douze motifs de sollicitation à remettre en forme
L'exemple qui suit est fictif et ne décrit aucune organisation réelle ; ne saisissez aucune information confidentielle ni donnée personnelle pour le reproduire. Une équipe interne présente la répartition mensuelle de ses sollicitations sur douze motifs : réinitialisation d'accès 142, matériel 97, impression 63, messagerie 58, droits de fichiers 41, téléphonie 22, installation de logiciel 19, connexion distante 14, visioconférence 9, badge 6, formulaire interne 4, divers 3, soit 478 demandes. Le graphique en secteurs actuel aligne douze couleurs et une légende sur deux colonnes.
Travaillez en quatre temps. Écrivez d'abord en une phrase ce que le graphique doit faire comprendre : si c'est « deux motifs font la moitié des demandes », vous cherchez un classement et non une part de total. Triez ensuite le tableau par valeur décroissante, construisez des barres horizontales — « droits de fichiers » et « connexion distante » se lisent alors sans inclinaison — puis regroupez les cinq derniers motifs dans une ligne « autres motifs (5) » et comparez les deux versions. Variante : ajoutez une colonne « famille » à trois valeurs et testez un compartimentage sur les mêmes chiffres.
Les erreurs qui survivent au changement de type
Changer de forme ne corrige pas tout. Ces défauts gênent la lecture même sur un graphique au type bien choisi.
- Garder l'ordre du tableau source sur un graphique à barres : sans tri par valeur, le classement reste invisible.
- Juxtaposer deux camemberts pour comparer deux périodes : un secteur n'accepte qu'une série, et l'œil compare mal des angles.
- Ajouter un effet 3D ou éclater les parts : le premier plan paraît plus grand qu'il ne l'est.
- Afficher ensemble pourcentages, valeurs et légende : trois fois la même donnée saturent la lecture.
- Changer de type sans relire le titre : un intitulé écrit pour une répartition devient faux pour un classement.
Relire le graphique avant de le diffuser
Cinq vérifications avant d'intégrer un graphique à un support. Le titre énonce-t-il la conclusion plutôt que le contenu de l'axe ? L'ordre des catégories aide-t-il, par valeur ou par chronologie ? La plus grande valeur se repère-t-elle sans effort ? Les unités apparaissent-elles une seule fois ? Le graphique dit-il encore la même chose sans sa légende ?
Pour comparer plusieurs formes sur les mêmes données, Insérer puis Graphiques recommandés affiche un aperçu avant validation ; Microsoft indique cette option disponible pour les abonnés Microsoft 365, et l'onglet rassemblant tous les types reste accessible si la suggestion ne convient pas. Pour aller plus loin, la formation Excel du catalogue traite la construction et le choix des graphiques.
Questions fréquentes
À partir de combien de parts un graphique en secteurs devient-il illisible ?
Microsoft conseille de ne pas dépasser sept catégories dans un graphique en secteurs. Douze parts sortent de ce domaine d'usage : les plus fines ne se distinguent plus les unes des autres.
Puis-je comparer deux périodes dans un même graphique en secteurs ?
Non, ce type n'accepte qu'une seule série de données. Un histogramme groupé, ou des barres empilées 100 % si seule la répartition compte, rend la comparaison directe.
Barres horizontales ou colonnes verticales ?
Microsoft conseille les barres horizontales quand les étiquettes des axes sont longues ou que les valeurs affichées sont des durées. Sinon, les colonnes verticales restent le choix courant pour comparer des catégories.
Que faire des très petites parts que je ne veux pas supprimer ?
Vous pouvez les regrouper dans une ligne d'agrégat nommée, en gardant le détail dans le tableau source. Le graphique secteurs de secteur extrait aussi ces petites valeurs dans un second graphique.
Repères et limites
Cet article porte sur le choix du type de représentation et sa relecture, pour les graphiques courants d'un tableur. Il n'aborde ni la conception de tableaux de bord complets, ni les graphiques statistiques spécialisés, ni l'accessibilité des couleurs. Les libellés de menus et la disponibilité des graphiques recommandés varient selon la version d'Excel et l'abonnement.
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